Avec Sweet Candy Music, Buck vous attire dans sa camionnette blanche pour un rock toujours aussi énervé

BUCK - SWEET CANDY MUSICAvec les lorrains de Buck, une chose est sûre, le rock c’est du sérieux et ils ne sont pas là pour chômer. A peine le split sorti début septembre 2013 avec les compagnons de La Bite et le Couteau, qu’un nouvel opus pointe le bout de son nez un mois après. C’est que le quatuor n’est pas là pour plaisanter, mais bien pour continuer le combat et laisser la colère éclater. Le slipt avait permis aux meusiens de montrer leur fougue et leur envie de faire bouger les choses à l’aide de paroles contestataires et de riffs bien sentis.

Des âmes non préparées n’auraient sûrement pas vu cela venir et ont sûrement fini avec un violent coup derrière la tête. Connaissant Youri et ses camarades, peu de chance que cette hargne change un temps soi peu sur ce nouvel EP six titres. Pourtant le titre, Sweet Candy Music, pourrait laisser imaginer que les quatre amis se soient calmés. Que nenni, et ceux qui s’y attendaient risquent de se retrouver sous les foudres des guitares et des chants tapageurs du groupe.

Surtout que l’EP est doté d’une bonne production, les titres sont carrés et tout fonctionne sans accro, sans pour autant enlever la fougue du quatuor lorrain. Un travail soigné qui confirme que si Buck a envie de faire passer un message et de réveiller les consciences, il sait que cela passe aussi par des sons et des mélodies accrocheuses et bien réalisées. Tous les ingrédients sont rassemblés pour que Sweet Candy Music soit leur meilleur travail à ce jour. Toutefois l’EP ne fera pas avaler la pilule à tout le monde et c’est sûrement ce qu’ils recherchent.

Comme sur le premier titre, « Fake pönk trendy shits » où Youri critique la concurrence ingrate qui ne pratique le rock que d’une manière douce et sucrée. Le tout sur un rythme effréné créé par la batterie d’Eli et des guitares assommantes d’entrée, clôt tout en vibrations. Appâtée par le titre innocent de l’EP, la foule se retrouve pris dans une tempête de riffs dès le début, ce qui n’est pas prêt de s’arranger avec « The Few and the Proud ». Morceau sur l’assurance d’être différent et de ne pas respecter les modes. Une sorte de « Come as you are » Buckien. Emmené par une guitare électrique rugissante. « Fall & bounce » permet à Paul de signer une ligne de basse lourde et géniale, avant que les guitares saturées ne viennent apporter leur grain de sel. Un côté funky se distingue dans ce morceau puis ne se cache plus avec ces effets de pédales wah wah. Il est question pour Buck de montrer qu’il ne faut pas les chercher et que peu importe les obstacles, ils s’en sortiront toujours. Le tout dans des refrains criés en choeur et un solo de guitare jouissif.

Afin de laisser le public reprendre ses esprits, une interlude est placée au milieu de ce six titres, même si elle est loin d’être anodine. Elle va même jusque dans l’expérimentation, preuve que même sans paroles, Buck ne cesse de peaufiner son travail et ne souhaite pas se reposer sur ses lauriers. « Portal transition » est planante, flirte avec le stone rock et même le noise avec ces larsens vers la fin. La guitare principale joue comme si elle coordonnait tous les autres instruments, et l’alchimie fonctionne très bien. Le passage au titre suivant, « Stuck in the mud » se fait un temps en douceur, avant que la batterie d’Elie ne vienne sortir l’auditeur de sa stase. Le titre envoie de nouveau l’auditeur dans l’arène avec les cris de Youri et les réponses en choeur de ses camarades. Les riffs et la ligne de basse entraînent le public dans la folie et la noirceur de l’univers du quatuor pendant 3mn26. La dernière composition, « Starts over again » témoigne du pessimisme de Youri pour l’avenir de l’Homme et son évolution, criant que Dieu ne peux rien pour l’être humain et que celui-ci ira de toute manière se réfugier devant la TV au lieu d’affronter ses problèmes. « La révolution ne sera pas télévisée » comme le dit la maxime. Les paroles sont reprises en choeur, les guitares criardes, la batterie puissante, et l’effet wah-wah savamment distillé.

Six titres qui sonnent comme six cartouches d’un fusil à pompe qui viendrait de se vider, laissant le barillet fumant et les douilles joncher le sol. Buck n’a rien perdu de sa hargne et ce n’est pas prêt d’arriver. Plus proche des pilules bleue et rouge de Matrix, que d’une vulgaire sucrerie, Sweet Candy Music n’est pas à laisser à la disposition de n’importe qui.

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