Stereostar Sixty Nine, classe et hors du temps

Après l’album Ambulance Shotgun  en 2011 et l’EP Make Out The Target l’année suivante, voilà les Messins de retour avec un second EP du nom de 31 West 8th Street. Depuis le début, le quartet n’a de cesse de faire évoluer sa musique. Cette nouvelle galette ne déroge pas à la règle.

10007399_682252428498033_4020788739104989133_nSi les ingrédients qui avaient le succès de Make Out The Target sont toujours présents, Stereostar Sixty Nine repousse ses limites toujours plus loin pour aller explorer des contrés musicales inconnues. Matthieu Niedercorn  (batterie, guitares), Stéphane Monbel (guitares, claviers, chant et chœurs), Christophe Besch  (guitares, claviers, chant et chœurs) et Philippe Letullier (basse) nous font à nouveau entrer dans une intrigante dimension parallèle. Sur cet EP, on part cette fois à la rencontre des occupants d’un étrange immeuble.

On pourrait discuter des heures d’un disque de Stereostar Sixty Nine, car leur musique est très complexe. Cet EP est composé de cinq morceaux. Si ces derniers se suivent entre eux avec un bel enchaînement, chacun a pourtant une personnalité et une ambiance bien distinctes. La bande nous plonge dans un univers musical sombre où sons eighties et très futuristes se côtoient. Riffs rock, sonorités new wave et notes électroniques froides entrent en collision pour un mélange unique que l’on n’entend que chez Stereostar Sixty Nine.

« Take Me Back To Where I Belong [dawn] », morceau d’ouverture, nous plonge avec délice dans une ambiance très cinématographique. Le groupe a d’ailleurs toujours dit être influencé par le cinéma pour composer sa musique. « Take Me Back To Where I Belong [dusk] », lui, se révèle être une ballade très touchante grâce au piano et au chant très délicat. « The Architect » se démarque par un côté plus indie pop, tandis que « The Mechanic » se barde d’un tas de bruitages très robotiques. Un titre moins emballant avec une construction assez répétitive. Mais pour rattraper le coup, le groupe nous offre le titre « Take Me Back To Where I Belong [daylight] », certainement l’un des plus intéressants avec ses riffs angoissants et son refrain entêtant.

L’univers de Stereostar Sixty Nine est minutieux et détaillé. Chaque note a son importance, tout est là où il doit être. Ces cinq morceaux (d’ailleurs assez longs) témoignent de l’investissement et de la passion du quartet. La bande allie puissance, maîtrise et finesse. Il n’est pas forcément facile d’accrocher au style du groupe. C’est une musique hybride, pesante, loin d’être chaleureuse. Mais cette ambiance mystérieuse et originale est finalement ce qui nous attire chez la bande.

 

Il semblerait que Stereostar Sixty Nine soit un groupe que l’on aura toujours du mal à cerner. Avec cette nouvelle galette, la bande continue son évolution avec logique et intelligence, aussi bien musicalement que vocalement parlant. Le renouvellement, le dépassement de soi, l’inspiration, autant de choses qui donnent à un groupe sa crédibilité. Et crédibles, les Messins l’ont toujours été. Stereostar Sixty Nine est un groupe mature qui a tout pour évoluer dans la cour des grands.

Le groupe est sur Facebook et Deezer.

Publicités