Split | Buck & La Bite et le Couteau : No Country For East Men

Split | Buck & La Bite et le CouteauFin 2012 le duo vésulien La Bite et le Couteau avait laissé son public autour d’une grande fête pleine de riffs et autour d’une Fondue Chinoise qui ne pouvait pas se refuser. C’est après avoir laissé le temps à chacun de décuver et de se remettre de ses émotions que le groupe décide de revenir de plus belle pour mettre les bouchées doubles.

Sauf que cette fois-ci Jéjé et Floche ne sont plus seuls pour concocter leur recette de punk tranchant et tapageur. Les meusiens de Buck sont venus le temps d’un split se joindre à eux afin de prouver que dans le Grand Est, le punk c’est sérieux et qu’on ne rigole pas avec ça. Ou un petit peu quand même. La simple vue des noms des quatre morceaux de La Bite et le Couteau sur ce split montre que les deux compères n’ont rien perdu de leur humour et qu’ils ne sont toujours pas prêts à se prendre (trop) au sérieux.

S’il devait être dit que le quatuor de Commercy, Buck, ouvrait le bal sur ce split, alors ça serait pour mieux l’imaginer retourner complètement la salle, appeurant une foule trop propre sur elle grâce à la déflagration des guitares électriques. « Never fucking care » ne laisse même pas le temps à l’auditeur de prendre ses marques, il est immédiatement emporté par l’effet wah wah des guitares et leurs riffs enflammés. Entre un mini solo électrique, la batterie d’Elie qui sait s’emporter et temporiser quand il faut, les paroles du chanteur Youri agissent comme des coups de poing à l’estomac bien épaulé par son collègue guitariste Max. En 1mn37 ils hurlent leur envie de liberté et de je-m’en-foutisme dans la pure tradition punk.

« Punching party family » permet à Elie d’y aller franchement sur sa batterie et de donner un rythme endiablé pendant que ses compères continuent de torturer leurs cordes pour un toujours plus électrisant. En juste 1mn50 Buck montre sa capacité à appuyer ses paroles pour créer des refrains efficaces qui n’attendent qu’à être scandé par une foule en délire, comme sur le premier titre qui se crie poing en l’air et une bière dans l’autre main.

Le quatuor clôt leur présence sur ce split avec « I won’t play your game » qui sonne encore plus comme un slogan de désobéissance civile et ramène aux valeurs de musique contestataire du punk. Paroles que ne bouderait pas Chuck D, leader charismatique du groupe de rap engagé Public Enemy. Après une collaboration avec Anthrax, à quand un duo PE et Buck ? « I won’t play your game », avec ses paroles, ses guitares électriques et wah wah en plus de la voix de Youri sonne la guerilla sonore, à l’exemple de Rage Against the Machine sur Battle of Los Angeles.

Comme la révolte ça creuse, La Bite et le Couteau invite l’auditeur à de nouveau s’asseoir à sa table pour déguster un bon « Boeuf bourguignon ». Ambiance feutrée, un chanteur de classique a même été invité pour accompagner la soirée. Erreur, tout cela n’était qu’un stratagème de la part des deux musiciens pour mieux ressortir leurs instruments et prouver que leur musique à évoluer depuis la fin 2012. D’entrée le jeu de guitare de Jéjé gagne en puissance, en assurance et altère plusieurs sonorités, bien soutenu par Floche et sa fidèle batterie qui n’hésite pas ici à jouer des cymbales.

Ce qu’il y a de bien avec les noms de morceaux du duo c’est qu’il peuvent laisser imaginer à peu près tout. Rien qu’en découvrant « Prince turc », les premières notes de la six cordes de Jéjé sonnent comme de l’autre côté de la Méditérannée, et font retrouver ce côté tranchant qui les caractérise. Le titre est intéressant et montre encore plus cette envie pour le groupe de s’aventurer sur de nouveaux terrains. Là où le début est rythmé tantôt lentement tantôt brusquement par des grattages de cordes rapides, la deuxième moitié du morceau voit la guitare s’effacer pour laisser la place au jeu en douceur de Floche et à des sons planants, voire de l’espace. L’auditeur ne sait pas où ce « Prince turc » a amené le duo, mais ça a l’air très beau et envoûtant. Peut être jusqu’à une frontière inconnue, à en juger par les bruits de foules qui arrivent aux oreilles une fois le morceau suivant commencé. « Frontera » est une traversée en compagnie des deux compères de 2mn45 où Jéjé signe des arrangements moins virulents mais qui rendent songeur. Tout comme le titre du dernier morceau de ce split, « Tunisian, cats & waste ». Impossible de savoir ce qu’il réserve avec un pareil nom. Des percus qui tabassent, de la guitare électrique énervée et un cris en guise de fin comme si la six corde venait de prendre vie.

Alliant des premiers titres avec des paroles contestataires pour Buck et des suivants uniquement instrumentaux de La Bite et le Couteau, ce split montre deux visions et manières d’interpréter le punk vu du Grand Est. Buck avec leurs influences stoner ou encore grunge, sont parfaits pour plonger le public dans une ambiance de révolte avant que La Bite et le Couteau se charge de lâcher les fauves avec de nouvelles sonorités. Le son y est toujours tranchant, et beaucoup plus couillu. La progression se ressent, et les ingrédients de la Fondue Chinoise ont fait effet. Si la guitare se veut parfois moins lourde et tapageuse, c’est pour mieux poser des mélodies et à inviter à se calmer un instant avant de retrouver de nouveau dans un pogo. Punk is dead, vive le Grand Est.

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