Fergessen s’envole vers le Far Est

 Fergessen, c’est Michaëla et David accompagnés de leurs deux guitares. Après avoir sorti Les Accords Tacites en 2011, les complices quittent Paris pour rejoindre la fraicheur des Vosges. Le duo a autoproduit son album dans une liberté totale. Il a alors donné naissance à Far Est, un opus travaillé témoignant du beau potentiel du duo.

fergessen1Il semble que les Vosges soient un coin qui a positivement inspiré les deux artistes. D’ailleurs, en écoutant cet album, on s’imagine être assis au bord d’un lac, une forêt dans le dos, les montagnes au loin, un souffle de vent dans les cheveux, tout ce beau paysage éclairé par la pleine lune. Cette brillante obscurité se révèle être un décor apaisant. Tout à fait à l’image de ce disque. Car écouter Far Est, c’est vivre et juste savourer l’instant présent. Faire surgir des images en nous, c’est ça la magie de cet opus. Notre imagination s’envole grâce aux nombreux contrastes qui s’entremêlent et parsèment l’album.

Tout comme ce paysage fictif au bord du lac, cette galette est sombre, mais envoûtante. La musique est mélancolique ou bien empreinte d’une relaxante énergie. Amenant une douce brise folk ou déversant un son plus rock soutenu par une batterie, Fergessen fait varier les ambiances et reste toujours dans une parfaite maîtrise. Le duo nous fait voyager. Pas seulement vers le Far Est, mais aussi vers le Far Ouest. Car certaines notes sonnent très américaines. On pense notamment à l’harmonica de « Far Est », au riff de guitare électrique très seventies de « Beautiful Lies » ou à celui plus nineties de « Be ». « En Attendant Le Bonheur » nous offre des airs manouches et introduit un violon nostalgique, tandis que « Back From The Start » se révèle être un titre teint d’une calme sauvagerie et d’un arrière-plan très psychédélique. Le duo s’offre le luxe de reprendre « Eleanor Rigby » des Beatles. Une version beaucoup plus rock qui divise les opinions. « D’ici-là » clôt cet album sur une note lumineuse qui sublime cet album très optimiste.

Parfois en Français, parfois en Anglais, les voix de Michaëla et David s’accordent avec une parfaite harmonie. Tantôt dans une puissance écorchée, tantôt dans une grave douceur, mais toujours dans le contrôle. Aucune ne prend le dessus, les deux sont sur le même pied d’égalité. Leur chant est plein d’émotions, et on sent une proximité s’installer avec les deux chanteurs. Cela participe au côté prenant de leur musique.

L’univers de Fergessen est délicat et captivant. Il est également épique et chargé d’une calme frénésie. Fergessen, c’est l’évasion et la liberté. « Far Est » est le genre d’album qui traversera les âges sans prendre une ride. En onze titres, le duo veut imposer son style et semble sans faiblesses.

Pour suivre le groupe, c’est par ici.

 

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