Mesryne : un son résolument rock et énergique

Le huitième mois de l’année a pointé le bout de son nez, pour les plus chanceux, vacances et farniente sont aux rendez-vous, alors que pour certain le chassé-croisé annuel entre juillettiste et aoûtien se profile, qui plus est sous cette chaleur qui se fait parfois « écrasante » ou encore « caniculaire » à entendre quelques passagers. Laissons donc tout cela aux chaînes d’informations ou encore au célèbre bison futé mais (re)venons-en au fait et aux découvertes musicales !

Mesryne cette chaleur
« Cette Chaleur »
, c’est aussi le nom du premier album de Mesryne, sorti fin 2012.
Depuis 2004, le groupe Tarnais diffuse
un son résolument rock et énergique avec des textes en français. En 2007, ils sortent leur premier EP « Un jour parfait » avant de travailler sur de nouvelles compositions.  « Le Contraire », leur deuxième EP sortira en 2009.  Ils intégreront en 2010, une seconde guitare au sein du groupe,  puis le quatuor se consacrera à son futur album pendant deux années consécutives.

Ils ont mis du cœur à l’ouvrage et le travail a porté ses fruits : Une subtile pochette nous annonce la couleur, et les douze morceaux qui composent cette galette sont de grande qualité, intelligents,  riches et variés. Un album qui tient ses promesses et qui déménage en somme !

« Figuration Virtuelle » nous plonge dans l’opus du groupe. La musique respecte les bases du rock alternatif, et cela nous titille immédiatement les oreilles. Influencés par les piliers du rock Français, anglais ou encore Américain, de belles variations mélodiques se font entendre, le tout est entrainant et annonce de bonnes choses pour la suite.
Puis « Pas d’excuse(s) » défile rapidement dans le lecteur. Ce deuxième titre a du répondant, aussi bien au niveau du chant qu’au niveau des sonorités brutes qui se situent entre rock et punk rock à la française. On se laisse rapidement embarquer dans leur univers avec l’envie de secouer la tête. Ce n’est que le début. « Et si le monde » suivra un peu le même modèle que les précédentes avec des couplets assez calmes et des refrains plus énergiques. Mais Mesryne arrive à rendre chaque morceau unique par des variations inédites et des ajouts plus ou moins discrets qui apportent du peps et de l’originalité dans leurs compositions. Les titres s’enchainent parfaitement bien, rien ne nous arrête dans la lecture. « Origine Sauvage », la 4ème piste, porte assez bien son nom. Le rythme est plus mystérieux, intriguant et fou. Ils savent se renouveler et ce titre apporte un renouveau à l’écoute tout comme le cinquième titre « Consume- moi », qui nous montre une nouvelle facette de leur genre, avec un chant mi-parlé mi-chanté mis en avant par la mélodie en fond sonore, une ambiance particulière se dégage. La partie instrumentale qui sert de refrain est plus rock’n roll et entêtante. Le morceau est bien construit.
« Chassez le naturel, il revient au galop », c’est cette phrase qui nous vient à l’esprit quand on écoute « Personne ne sait ». Rebonjour le style punk/rock engagé. Cette sixième chanson, moins sage que les précédentes, avec une énergie plus que débordante, s’abat comme un éclair. Court et efficace.
Paradoxalement, mais tout aussi efficace, dans un registre différent, « Les Blessures » est LE titre intimiste par excellence. L’ambiance est retombée, et devient tout à coup plus solennelle, sombre avec une touche psychédélique qui rend le titre aérien. C’est déroutant.  Le chant nous guide tout au long, on l’écoute, et on apprécie ce texte qui est vraiment beau. Ils savent nous surprendre, ça nous effleure, ça nous bouscule puis ça explose tout en restant contrôlé, le rendu est très bon. « L’ombre de mes pensées » (10ème piste) sera également dans cette lignée.
Après cet instant suspendu, il y en aura pour tous les goûts dans « Gourmandise initiées ». Et nous arrivons déjà au neuvième titre, « Toutes les formes ». Le chant et la composition sont assez grandioses avec des jeux d’instruments qui fusent dans tous les sens. La chanson apporte un peu de fraicheur avec un air et un refrain plus léger qui reste bien en tête.
Les deux dernières chansons « Réveille-moi » et « Les Effrontés » fermeront cet album, comme il a commencé, dans un esprit très rock! Notons, cependant, que le dernier titre, avoisinant les 7 minutes, est comme un condensé de tous les styles entendus et nous rappelle que le groupe a de grandes capacités. Par ailleurs, ils citent le titre de l’album sur la fin du morceau, avant de le clôturer par une mélodie parfaite.  

Finalement, et puisqu’ils sont le mieux placés pour parler de leur musique :
«  Mesryne ne revendique rien : il tente d’exprimer et se nourrit de la perplexité provoquée par la vision d’un paysage humain, en pleine re- ou dé-composition où l’avenir de nos libertés de vivre et de penser… se dessine incertain…
Tout s’oublie, tout s’efface… la folie reprend sa place…
Tout est musique, un chant impur… abreuve nos sillons ».

http://www.mesryne.com/

L’album est en écoute sur Deezer :
http://www.deezer.com/fr/album/6206157

Publicités