Klangfeld : « Tout commence avec des riffs de guitare »

KlangfeldEP

Jeune groupe franco-allemand, Kangfeld vient tout juste de sortir son premier EP éponyme entre rock, folk et noise. Principalement inspirés par Alice In Chains, Neil Young ou encore Archive, Veit Blümlhuber (chant et guitare rythmique), William Masson (guitare), Stéphane Letertre (basse) et Aurélie Agullo (batterie)  nous proposent un retour aux années 90 avec une légère impression d’avant-gardisme.
 
Composés de cinq titres, c’est avec « Focus »,  l’une des chansons les plus marquantes de cet opus que nous commençons l’écoute.  Marquante par cette voix imposante, qu’elle soit dans les tons de la mélodie ou bien au-dessus, mais également par le côté rock convulsif émis par la force tranquille du quartet. Les chansons suivantes ne seront pas inintéressantes non plus, bien au contraire. « Another » nous fait décoller en douceur et n’est pas sans nous rappeler la puissance et la finesse du rock américain. La voix, différente de la première, mais toujours agréable, révèle des paroles imagées dans un décor à la fois structuré et désorganisé. Changement d’ambiance avec « Black Star ». Si nous attendions toujours le côté folk chez Klangfeld, c’est inévitablement celle-ci qui le révélera. La voix se fait enivrante, tout comme la mélodie acoustique qui nous transporte et qui nous berce jusqu’à nous laisser pensifs. Ce genre de titre a tendance à apporter un petit plus à une production, et c’est réussi pour nos musiciens! Sans transition (ou presque..), nous poursuivons notre écoute avec le titre « 5 000 milles », plus psychédélique, toujours aussi bien pensé et intelligent dans sa construction, il nous offre de nombreuses variations et se fait résolument rock. Tout comme la dernière chanson de cette EP « The Howling »  qui nous livre des effets rock à souhait comme on les aime, un peu fous, sur une mélodie qui fait les montagnes russes entre puissance et modération.

Dans cette œuvre, les quatre musiciens ont su mélanger leurs influences tout en imposant leur propre identité pour nous dévoiler 5 titres différents les uns des autres à l’allure professionnelle. Chaque chanson met en lumière leur savoir-faire, leur maitrise et leur intelligence. Nous souhaitons une longue vie à ce groupe qui peut aller très loin (au sens propre comme au sens figuré), si telle est leur intention.


Et comme nous avons souhaité en savoir un peu plus sur ce groupe, que nous avons plaisir à vous faire découvrir, nous avons posé quelques questions à Veit Blümlhuber, le porteur de ce projet.

Bonjour, tout d’abord, comment vous êtes-vous rencontré ?
Salut ! Tout commence à une soirée en petit comité à Reims. Des guitares traînent. Je joue deux trois compos et Will (le guitariste du groupe) improvise par dessus. Sa façon d’aborder les chansons m’a tout de suite plu. On se met à jouer régulièrement soit à Reims, soit à Paris où je vis depuis 2008. On rencontre plusieurs batteurs et bassistes avant de trouver Stef en juin 2012 qui nous présente Aurélie. Les deux se connaissent depuis dix ans et avaient auparavant joué ensemble dans des formations groove. Une section rythmique qui se connaît bien, ca vaut de l’or !

Pourquoi avoir choisi le nom « KLANGFELD » ?
Klangfeld est un terme utilisé dans l’acoustique et se traduit par champ sonore. C’est la somme de tous les sons dans un espace défini.  En fait, un concert n’est rien d’autre qu’un champ sonore qui évolue dans le temps. Il y a aussi ce rappel de la nature et des espaces qui me plaît dans ce mot. Il permet un son tantôt rugueux, abrasif tantôt fin et apaisé.

Votre EP nous dévoile un univers folk rock aux multiples facettes, alors quelles sont vos influences ?
L’artiste que j’ai  le plus écouté, ca doit être Neil Young. Rajoutez à ca tous les groupes nineties grunge comme Pearl Jam ou Alice in Chains.  Il y a également une composante psyché dans les compos qui rappelle Pink Floyd, Led Zep ou encore The Mars Volta. Will, Stef et Aurélie écoutent et jouent beaucoup de funk, groove, nu jazz. Voilà ce qui donne cette pulse fracassante et le côté « multiples facettes » de nos compos. Aurélie a d’ailleurs accompagné des musiciens de James Brown à la batterie.

D’ailleurs, comment se passe la composition dans votre groupe ?
La plupart du temps j’amène une structure mélodique  genre couplet-refrain que nous arrangeons ensemble. Tout commence avec des riffs de guitare sur lequels je pose ma voix. Ensuite j’écris les paroles. Une fois les paroles sur la table, à nous d’incorporer l’idée maîtresse qui s’en dégage dans la musique.  Peu de gens comprennent réellement les paroles quand tu chantes en anglais. Le message principal doit alors s’exprimer dans la musique.  A nous de travailler le ressenti et l’ambiance. C’est la phase la plus longue durant laquelle je réécris systématiquement les paroles. Je pense qu’on va vers un mode de composition de plus en plus collectif, plus organique. On se connaît mieux. Les envies créatives se mélangent davantage. En trois ans tu as le temps de découvrir les talents et travers de chacun.

Avec qui aimeriez-vous collaborer ?
QUOI ?!?! Vous avez le numéro de Thom York ? 0044 je vous écoute !


Le mélange de culture (franco-allemande) joue-t-il un rôle sur vos compositions ?
On a tenté la chanson française jodlée à la bavaroise. Le publique était sceptique… 


Que voulez-vous transmettre à travers vos chansons ? Qu’est-ce qui vous inspire ?
Un  rire, un regard,  une lumière particulière, un paysage reculé ou un boulevard bondé… Tout peut être source d’inspiration. Le but est de comprendre pourquoi un tel moment est marquant. De retrouver l’état émotionnel et de laisser cette émotion animer la musique. L’auditeur la liera à son vécu, à ses propres souvenirs. Si le morceau est réussi…

Quels sont les évènements importants à ne pas manquer pour les prochains mois ?
Le 25 mai, on sera en concert à Paris au Bus Palladium pour fêter la sortie de notre EP.  Le 26, il y aura un concert acoustique à Berlin. D’ailleurs on revient tout juste d’un concert à la Passionskirche dans le quartier de Kreuzberg. Une église protestante en briques avec une acoustique assez dingue. Beck, Patty Smith ou John Cale (Velvet Underground) y ont joué. Complètement dingue l’endroit pour une première date allemande. C’est une chance assez unique qu’on a eu là. Bientôt on mettra en ligne quelques extraits filmés du concert.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Que le projet commence à bien tourner !


Pour finir, avez-vous une petite anecdote à nous raconter vous concernant ?
Je pourrais vous raconter que le premier concert sous le nom Klangfeld a eu lieu …. dans un bowling. Le genre d’endroit ou le bruit des quilles qui tombent devient un magnifique grognement arythmique qui couvre toute tentative de jeu subtil. Mais il n’y avait pas William. Du coup ca ne compte pas comme premier concert. Soulagement…

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