Total Normal, une expérience !

Total Normal, c’est le projet solo de Thierry Vaudor. Originaire du Canada, mais aujourd’hui à Paris, ce compositeur de musique electroacoustique s’est créé une identité musicale, celle de ne pas en avoir justement. Effectivement, il précise lui-même dans sa biographie que « sa musique n’est pas destinée à correspondre à une catégorie précise ».
Des sonorités les plus expérimentales au plus classiques, c’est à travers son album « Tales of the Expected » sorti en décembre 2012 sous le label Momental Record que l’Artiste nous montre tout son potentiel. Une production d’une heure composée de 19 titres hauts et riches en couleurs, musicalement parlant.

La première chanson de cet opus s’appelle « Simpled Minded People Like Me ». Même si on se demande un peu dans quoi on s’embarque, il réveille en nous des choses presque inconnues avec des sonorités bien particulières. Il y a du rock expérimental, du jazz mais de l’électro aussi, la combinaison des effets et des instrus flotte donnant un rythme assez précis. « Hugo nine’s Nap » (7ème) reste dans cette idée de musique hypnotique où les changements de tempo sont radicaux. Dès lors, on comprend comme l’artiste a du travailler et faire des recherches pour arriver à un tel résultat.
Plus loin de l’électro, le compositeur nous propose de revenir à des tons plus classiques avec quelques chansons jazz, typiques des années 1940-1950 (les titres « Junior Barnes », « Simba » par exemple), agrémentées contre toutes attentes de musique dans le style oriental, le tout bien assemblé. On arrive également à distinguer comme un tango (bien modernisé) dans « The Great Train Robbery ».
Certaines mélodies sont aériennes et planantes (« The trip on the Moon », « Soft Cage »), « Hugo nine’s dog blacky » fait étonnement tourner la tête. D’autres s’avèrent totalement expérimentales avec des bruitages totalement inattendues sur des morceaux mythiques (« Mrs Sandman »), ou des assemblages (d)étonnants.
Surprise, on soupçonne un côté hip-hop américain dans « Nothing but a Rigor Mortis face ».
Les trois dernières sont plus spéciales et se différencient. « Une main glacée » laisse une sensation fantomatique avec des mots qui résonnent dans nos tête. « L’Orfeo », la 18ème chanson est comme une introduction avant la fin de l’album et en même temps la suite de la précédente, avec un aspect de musique d’église très solennelle mais aux sonorités excentriques !
Excentricité et folie, les bonnes notes qu’on retrouve dans « L’Avare », un morceau court, parfait pour fermer cet opus.

L’album est un concentré d’une créativité débordante. Des morceaux qui racontent une histoire à elles seules, avec beaucoup de nuances. Une idée, des idées, maniées dans tous les sens, explorées dans les moindres détails. Une œuvre complexe, qui dégage pourtant une troublante simplicité par ses associations mélodiques bien ficelées. Des compositions sans rature, longues, mais équilibrées avec intelligence.

Un album qui communique ET procure beaucoup de choses !

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