L’éxperimentation de REVO

Revo-In-Vacuum

Après quatre ans d’absence et un premier album « Artefacts », sorti en 2008, sur le label Jarring Effects, REVO revient métamorphosé et nous présente, fin 2012, son nouvel opus « In Vacuum » signé, cette fois-ci sur Offoron Records.  Le duo brestois composé de Gaëtan (basse/machines) et Mario (guitare) devient un trio, rejoint par Denis (batterie) et un quatuor sur scène avec la présence d’Alex (basse).

REVO nous embarque avec ce deuxième album, composé de 10 titres, dans leur univers bien particulier qui conjugue post-rock expérimental, psychédélisme et électronique progressif.
A première vue, ce mélange semble être détonnant mais à l’écoute, c’est bien plus que ça.

La première chanson portant le titre de l’album, nous plonge lentement dans leur monde, la mélodie se construit petit à petit et monte en intensité, la chanson est longue, chargée et pourtant très légère. Le deuxième titre « Split with the living » vient suivre cette lignée, et nous nous retrouvons en apesanteur, dans une autre dimension avant de redescendre calmement avec la petite musique de fin. Dès le début, et seulement après deux chansons nous pouvons mesurer le potentiel du groupe. On comprend à qui on a à faire et cela prédit de bonnes choses pour la suite . Changement d’ambiance pour la troisième « Juno », avec des sonorités plus électro/pop. A défaut de paroles inexistantes sur l’album, nous pouvons retrouver des effets voix qui donne une petite touche vraiment agréable à l’oreille. Voix que nous retrouverons dans les deux dernières chansons. Ils imposent et construisent leur univers avec divers bruitages qui s’assemblent parfaitement, une mélodie et des instruments qui partent en délire et qui explosent dans nos têtes avant de redescendre calmement. La suivante « In the air » s’enchaine parfaitement, la transition est tellement bonne que nous pensons être encore sur « Juno ». Cette chanson est beaucoup plus courte mais tout aussi étonnante avec un côté rétro qui vient absorber les effets synthétiques.

Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec « Hunt » et « Belly » qui sont assez déroutantes par leur composition. Certainement les plus psychédéliques de l’album. Nous retrouvons les machines venant flirter dangereusement avec les instruments, détail propre au groupe, et qui dégagent quelque chose d’aérien. Elles sont pourtant différentes : la mélodie de « Hunt » se fait un peu répétitive malgré la cassure en milieu de chanson alors que « Belly » part un peu dans tous les sens en restant tout de même cohérente.  « Verse of Agony » quant à elle dégage moins d’énergie, elle est beaucoup plus triste voire lugubre par moment (peut-être parce que que nous avons traduit le titre ?) mais elle a l’avantage d’être reposante, tout comme « Despite the Anger Fades ».
Vient alors, pour finir, les pistes les plus longues de l’album « MxD » (6 minutes et 27 secondes) et « Tear up the dawn » (5 minutes et 34 secondes). Bon ou mauvais choix ? « Trop, c’est trop »  comme on dit, on regrette que « MxD » devienne abrutissante à la longue, alors qu’elle pourrait être intéressante. Quant à « Tear up the dawn », elle est paradoxale avec un début très enfantin, calme puis quelque chose de plus sauvage et violent qui devient brouillé. On pourrait comparer cette chanson aux films catastrophes qui finissent mal. Et pourtant ce n’est pas une mauvaise fin pour cet album.

Finalement, REVO nous épate par leur capacité à s’exprimer à travers machines et instruments, en laissant à chacun libre court à son imagination pour venir poser une histoire sur leurs notes.  Ils conservent une atmosphère singulière, et innovante, avec de bons effets et une parfaite maitrise de ce qu’ils font. Ils y mettent du temps, du cœur et nous trouvons en eux une réelle identité musicale. Cet album est comme une sorte d’O.M.N.I (objet musical non identifiable), nous ne pouvons les comparer à aucun autre groupe ou artiste. Seul bémol, certaines chansons sont trop longues, ce qui peut devenir lassant, et elles nous livrent des sonorités superflues qui empêchent notre écoute de se focaliser sur le meilleur.

Chapeau bas, cependant, pour « In Vacuum » que vous pouvez retrouver sur leur site : www.iamrevo.com  et sur http://offoronrecords.tumblr.com/label .

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